plus profond

Publié le par manou

Dans un sac en plastique. La bouteille. Vin vieux violent. Aucune nourriture solide ne se fraie un chemin. Sous les ongles noirs. La terre, la crasse. Dans les cheveux. Les poux d'une autre génération. Un carton pour dormir. un bout de trottoir. un réverbère. 
Des passants sans histoires qui changent de trottoir. Faut pas rêver, le fond de leur poche qui tinte ne leur rend pas la main plus lourde.
De plus en plus profond. Pas de désespoir. Trop loin le désespoir. En core plus bas, il n'y a plus rien. Sonnerie d'alarme, le samu social. Une couverture. Un café bien chaud. Un bout de pain et la soupe. Pas de copains. Des gens en galère qui ne veulent pas de celle de l'autre. On se sépare au bout de la route.
Certin partent au soleil l'hiver. Longue marche. Avant, toujours une assiette dans la ferme sur le chemin. Un bout de couverture sur un lit de paille dans la grange.
Aujourd'hui, les portes sont fermées à clef. Les regards se détournent de la fenêtre. Alors, dans les fossés on trouve parfois au petit matin un corps gelé. Un homme, une femme, l'étaient-ils encore dans l'esprit des bien pensant.
Et dormir éternellement dans la fosse commune, au milieu des parias, des ruines de la France.
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Publié dans Mon stylo plume

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